Le gouvernement du Burkina Faso a annoncé, jeudi 29 janvier, un projet de loi visant à dissoudre l’ensemble des partis politiques du pays. Cette initiative s’inscrit, selon les autorités, dans une volonté de « réforme en profondeur de la gouvernance politique ».

Au pouvoir depuis le coup d’État du 30 septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré dirige un régime militaire qui avait déjà suspendu les activités des partis après son arrivée à la tête de l’État. Les formations politiques ne pouvaient plus organiser de réunions publiques, bien que certaines activités internes aient été tolérées.
Dans un compte-rendu du Conseil des ministres, la présidence affirme que la multiplication des partis aurait favorisé des «dérives», accentuant les divisions et fragilisant le tissu social. Le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a précisé qu’un texte sera transmis «dans les meilleurs délais» à l’Assemblée législative de transition. Il a également indiqué que le patrimoine des partis dissous serait transféré à l’État.
Les autorités justifient cette mesure par un «diagnostic profond» du système partisan, estimant que celui-ci présente de nombreuses failles juridiques et organisationnelles.
L’objectif affiché est de préserver l’unité nationale, renforcer la cohérence de l’action gouvernementale et ouvrir la voie à un nouveau modèle de gouvernance.
Pour rappel, le capitaine Traoré avait renversé, en septembre 2022, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, lui-même arrivé au pouvoir par un putsch en janvier de la même année. Selon les autorités actuelles, Damiba serait impliqué dans plusieurs tentatives de déstabilisation et a été extradé le 20 janvier dernier du Togo vers Ouagadougou.
Cette nouvelle étape marque un tournant majeur dans l’évolution politique du Burkina Faso sous régime militaire.
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JEDEV_RDC
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