Sud-Kivu : les femmes d'Irhambi-Katana saluent les retombées du projet « Femmes en Action » sur leur quotidien
Les femmes réunies au sein des associations du village de Kahungu, dans le groupement d’Irhambi-Katana, en territoire de Kabare, au Sud-Kivu (Est de la RDC), ont exprimé leur satisfaction face aux changements observés dans leur vécu quotidien grâce aux actions du projet « Femmes en Action ».
Au cours d’une émission enregistrée ce jeudi 14 mai 2026 à Kahungu par le journaliste Zachée Zawadi, plusieurs bénéficiaires du projet sont revenues sur les acquis engrangés dans leurs communautés, notamment dans les domaines de l’alphabétisation, de la protection de l’environnement, de l’agriculture et de l’autonomisation économique des femmes.
Pour Nabintu Mulomba, bénéficiaire du projet, les activités d’alphabétisation ont marqué un tournant important dans sa vie. Elle a salué l’accompagnement du projet qui lui a permis d’apprendre à lire et à écrire.
« Avant, j’avais des difficultés pour lire certains documents et écrire correctement. Aujourd’hui, grâce au projet “Femmes en Action”, je peux écrire mon nom, lire des messages et mieux participer aux activités de notre communauté. Cela nous redonne de la valeur et de la confiance », a-t-elle témoigné.
De son côté, Léontine Mabango a insisté sur les avancées observées dans la protection de l’environnement grâce aux arbres, pépinières et rejets de bananiers distribués dans le cadre du projet. Selon elle, ces initiatives contribuent progressivement à la restauration de l’environnement autour du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB).
« Les arbres plantés dans notre milieu vont aider à protéger notre environnement et améliorer nos conditions de vie. Nous avons compris l’importance de préserver la nature pour notre santé et pour l’avenir de nos enfants », a-t-elle déclaré.
Elle a également souligné que les activités de reboisement participent à la purification de l’air et à la lutte contre certaines conséquences du changement climatique, avec un impact positif sur la santé des populations locales.
Parmi les réalisations saluées par les participantes figure aussi l’installation d’une unité de transformation de tournesol à Kahungu. Nabuke Nyahunfu, autre bénéficiaire du projet, estime que cette machine représente une avancée majeure pour les femmes de la région.
Selon elle, cette unité encourage désormais plusieurs ménages à cultiver le tournesol, sachant qu’il peut être transformé localement en huile végétale, sans devoir parcourir de longues distances ni supporter des coûts élevés de transformation.
« Cette machine nous aide beaucoup. Avant, nous vendions notre production sans grande valeur ajoutée. Aujourd’hui, nous pouvons produire notre propre huile végétale ici à Kahungu. Cela augmente nos revenus et motive davantage de femmes à cultiver le tournesol », a-t-elle expliqué.
Les bénéficiaires ont affirmé leur volonté d’assurer la pérennité de cette unité de transformation même après la fin du projet prévue en juillet prochain. Elles envisagent notamment une gestion communautaire de la machine, à travers l’organisation des associations locales afin d’assurer son entretien et son bon fonctionnement.
Pour Nyahunfu, rien ne sera perdu dans le processus de transformation.
« Après l’extraction de l’huile, le reste du tournesol servira à nourrir les poissons et aussi à fabriquer de l’engrais organique pour nos champs », a-t-elle ajouté avec satisfaction.
Les participantes ont, dans l’ensemble, promis de préserver et de pérenniser les acquis du projet « Femmes en Action » afin que les générations futures puissent également bénéficier de ses retombées positives.
Présente à cette activité, Eliza Ngabo, chargé de communication à la plateforme Diobass, a encouragé les femmes à continuer à valoriser les connaissances acquises grâce au projet. Il les a appelées à renforcer la solidarité communautaire et à protéger les initiatives mises en place pour améliorer leurs conditions de vie.
La machine de transformation de tournesol avait été installée à Kahungu dans le but de soulager les femmes, en leur permettant de transformer localement leurs récoltes et de développer des activités génératrices de revenus.
Rappelons que le projet « Femmes en Action » est exécuté dans les provinces du Sud-Kivu, notamment dans les territoires de Kabare, Mwenga et Kalehe, ainsi qu’au Nord-Kivu, dans le territoire de Walikale. Ce projet met un accent particulier sur l’autonomisation des femmes à travers la promotion de leurs droits économiques et sociaux, tout en valorisant la biodiversité comme un levier essentiel de résilience communautaire. Il est financé par Affaires mondiales Canada en consortium avec Jane Goodall Institute Canada et Fondation Paul Gérin-Lajoie.
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Par Pascal Marhegane, au compte de JEUNESSE ET DÉVELOPPEMENT RDC



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